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Révolte contre le Panga… le poisson aux hormones à prix cassé

 

Peut-être ne suis-je pas la seule à ne pas avoir passé la soirée du 14 juillet sous les feux d’artifices et autres pétards traditionnels ? Si comme moi, votre zapping s’est arrêté ce soir là sur l’émission « Enquête d’action » de la chaîne W9, vous avez sûrement été choqué par ce reportage sur le Panga… un poisson produit à l’échelle industrielle en Asie qui envahi depuis peu les étals des poissonneries européennes, à un prix défiant toute concurrence.

Connaissez-vous le Panga ?

Cela fait déjà quelques temps que le Panga fait parler de lui en créant la polémique. Non parce qu’on lui attribut une saveur extra-ordinaire, une grande finesse en bouche ou de fabuleuses qualités nutritionnelles… mais plutôt à cause de son élevage intensif, de sa nourriture douteuse, de ses conditions de vie inacceptables

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Le Panga est un poisson originaire du fleuve Mékong, au Vietnam. Depuis quelques années, il est devenu la poule aux oeufs d’or des régions bordées par ce fleuve. L’étonnante percée de cet animal, encore inconnu il y a peu des européens, n’est dûe ni au hasard, ni à une évolution naturelle.

En effet, à l’état naturel, les femelles Pangas doivent remonter le fleuve Mékong pour pondre dans les eaux du Cambodge (à l’image des saumons sauvages qui remontent les rivières). Pour le transformer en un animal productif il a fallu modifier totalement son mode de vie, impacter sur son alimentation et sa reproduction… jusqu’à en faire un animal esclave, devant répondre de manière croissante à la soif financière des industriels qui les exploitent.

Quand l’homme privilégie le profit à la préservation de la nature…

Le procédé de reproduction intensif mis au point par l’Homme est bien éloigné des procédés naturels… Les éleveurs injectent, aux femelles pleines, des hormones recueuillies dans de l’urine séchée de femme enceinte. Cette action déclenche la ponte des alvins et assure environ 500.000 oeufs par femelle.

Une fois éclos, les jeunes poissons sont stockés dans des bassins artificiels. Élevés de manière intensive, leur densité est telle qu’ils grouillent à la surface, par manque de place. C’est la seule espèce animale qui peut survivre malgré une telle densité, des conditions de vies semblables seraient fatales à toutes les autres.

Pour favoriser leur croissance rapide, ces poissons sont nourris avec des farines importées du Pérou (par avion… quel désastre écologique !), à base de déchets de poissons morts et de céréales provenant des États-Unis (donc probablement OGM). Ce mode d’alimentation est bien différent de celui de l’animal à l’état naturel.

Une fois le gavage de leurs « esclaves » terminé, lorsque les poissons sont assez gros pour rapporter un maximum de bénéfices, les éleveurs n’ont plus qu’à relever leurs filets pour extraire de leurs « ‘bassins prisons » des tonnes de poissons.

Pour assurer leur fraîcheur jusqu’à leur arrivée sur les étales européennes, ils sont ensuite découpés en filets par des ouvriers sous-payés, dans un environnement de travail nauséabond, et congelés, avant d’être envoyés par avion vers l’Europe.

Comment réagir ?

Ce poisson est vendu en France à prix discount (environ 7.5€ le kilo). Il n’est issu que de la mondialisation poussée à l’extrême et de la transgression de toutes les lois de la nature. L’alimentation qui lui est donnée est difficilement traçable et non-maîtrisée, sa production et sa commercialisation sont extrêmement polluantes et néfastes pour l’environnement.

J’ai été outrée par ce reportage, par les comportements humains en quête de toujours plus de profits, toujours plus de richesses… quel qu’en soit le prix. S’enrichir coûte que coûte, sans se soucier de son impact sur la nature, sur la terre que nous laisserons à nos enfants, sur l’équilibre naturel et sur la biodiversité… quel dommage !

C’est certain… le Panga restera loin de mon assiette… et de la votre ?



10 thoughts on “Révolte contre le Panga… le poisson aux hormones à prix cassé”

  • merci de transmettre cette bien triste info!
    Je n’ai pas télé, et n’ai jamais entendu parler de ce macabre élevage.
    Décidément le profit n’a pas de limites…
    Je fais « passer » l’info dans « mon » réseau.
    Merci encore!

  • Le panga ne vient plus non plus dans mon assiette depuis l’an dernier après avoir vu un reportage.Je ne sais pas si c’est le même que celui donc vous parlez mais j’avais été, comme vous, très choquée, des conditions d’élevage de ces poissons.J’en avais parlé autour de moi mais hélas beaucoup de personnes regardent avant tout leur porte-monnaie!!

  • Merci de partager vos réactions !
    => Karin : moi aussi je ne cesse d’en parler autour de moi. Faute d’avoir le pouvoir de faire bouger les choses à grande échelle, l’idée est d’informer et de sensibiliser un maximum nos proches et connaissances.
    => Mariannem : j’ai entendu parlé du reportage que tu as vu, antérieur à celui qui m’a fait réagir. Comme tu l’évoques malheureusement, le prix hyper-attrayant de ce poisson est un + pour de nombreux consommateurs… de mon côté, de préfère me priver de poisson ou en manger moins souvent, plutôt que me nourrir avec ce type d’aliment intraçable, à la qualité plus que douteuse.

  • Panga, Perche du Nil, même combat. Je n’ai pas vu le reportage, mais je me méfie des aliments « nouveaux » qui envahissent soudain les étalages, à bas prix et en grande quantité.

    De plus, la première (et unique) fois que j’ai mangé du panga, c’était il y a quelques années au restaurant, la serveuse m’avait affirmé que c’était délicieux, « nouveau », et j’ai trouvé cela très fade et de consistance aqueuse, bref je n’ai pas du tout aimé…

  • Vous êtes outrés d’avoir vu un repportage sur l’élevage en batterie de poissons. Comment croyez vous que sont élevé la moitié de se que nous mangeons ?
    Les fermes d’aquaculture qui sont autour de notre pays fonctionne de la même façon et nous n’avons pas de meilleur alimentation à fournir.

  • Bonjour à tous,

    Je suis français expatrié au Vietnam et je travaille dans le domaine de l’aquaculture. En ce moment, plus particulièrement dans la recherche & développement des élevages de Panga (Pangasius hypophthalmus).
    Je parcours régulièrement les forums internet et autres lieux de débats et je constate avec déception la réussite de M6 : faire peur aux gens.
    En effet, toutes ces émissions choques qu’on nous montre sur divers sujets (industrie agro-alimentaire, trafics de drogue, contrebande de textiles…) sont toutes les mêmes, elles font commerce des peurs du public.
    D’après moi, il n’y a aucun regard objectif dans ce documentaire. Voici un lien vers un article rédigé par le CIRAD qui répond à ce reportage. Lisez-le, cela ne vous prendra que quelques petites minutes et, je l’espère, vous enlèvera quelques craintes

    http://aquatrop.cirad.fr/encyclopedie/especes_d_interet_aquacole/pangasius/pangasius_hypophthalmus

    Karim.

  • Je suis d’accord avec Karim. C’est bien français, enfin certains français, qui aiment bien se faire peur et ont peur de ne pas être bio, de ne pas être assez riche pour affronter la meilleure facette de la mondialisation. Il appartient aux gens dits ‘sensés’d’apporter leur aide pour tout le monde mais là il faut être riche voire très très riche, coûte que coûte pour être entendu. A bon entendeur panga!

  • Karim
    Merci de faire des efforts pour répondre à la demande mondiale en alimentation et surtout du poisson qui est une source importante en proteînes. Et pour ceux qui ne sont pas contant de l élevage intensif du panga, ils n’ont qu’à se trouver autre chose.

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