Le Blog de Bébé au Naturel
Home
 

Révolte contre le Panga… le poisson aux hormones à prix cassé

730

Peut-être ne suis-je pas la seule à ne pas avoir passé la soirée du 14 juillet sous les feux d’artifices et autres pétards traditionnels ? Si comme moi, votre zapping s’est arrêté ce soir là sur l’émission « Enquête d’action » de la chaîne W9, vous avez sûrement été choqué par ce reportage sur le Panga… un poisson produit à l’échelle industrielle en Asie qui envahi depuis peu les étals des poissonneries européennes, à un prix défiant toute concurrence.

Connaissez-vous le Panga ?

Cela fait déjà quelques temps que le Panga fait parler de lui en créant la polémique. Non parce qu’on lui attribut une saveur extra-ordinaire, une grande finesse en bouche ou de fabuleuses qualités nutritionnelles… mais plutôt à cause de son élevage intensif, de sa nourriture douteuse, de ses conditions de vie inacceptables

fotolia_1110244_xs

Le Panga est un poisson originaire du fleuve Mékong, au Vietnam. Depuis quelques années, il est devenu la poule aux oeufs d’or des régions bordées par ce fleuve. L’étonnante percée de cet animal, encore inconnu il y a peu des européens, n’est dûe ni au hasard, ni à une évolution naturelle.

En effet, à l’état naturel, les femelles Pangas doivent remonter le fleuve Mékong pour pondre dans les eaux du Cambodge (à l’image des saumons sauvages qui remontent les rivières). Pour le transformer en un animal productif il a fallu modifier totalement son mode de vie, impacter sur son alimentation et sa reproduction… jusqu’à en faire un animal esclave, devant répondre de manière croissante à la soif financière des industriels qui les exploitent.

Quand l’homme privilégie le profit à la préservation de la nature…

Le procédé de reproduction intensif mis au point par l’Homme est bien éloigné des procédés naturels… Les éleveurs injectent, aux femelles pleines, des hormones recueuillies dans de l’urine séchée de femme enceinte. Cette action déclenche la ponte des alvins et assure environ 500.000 oeufs par femelle.

Une fois éclos, les jeunes poissons sont stockés dans des bassins artificiels. Élevés de manière intensive, leur densité est telle qu’ils grouillent à la surface, par manque de place. C’est la seule espèce animale qui peut survivre malgré une telle densité, des conditions de vies semblables seraient fatales à toutes les autres.

Pour favoriser leur croissance rapide, ces poissons sont nourris avec des farines importées du Pérou (par avion… quel désastre écologique !), à base de déchets de poissons morts et de céréales provenant des États-Unis (donc probablement OGM). Ce mode d’alimentation est bien différent de celui de l’animal à l’état naturel.

Une fois le gavage de leurs « esclaves » terminé, lorsque les poissons sont assez gros pour rapporter un maximum de bénéfices, les éleveurs n’ont plus qu’à relever leurs filets pour extraire de leurs « ‘bassins prisons » des tonnes de poissons.

Pour assurer leur fraîcheur jusqu’à leur arrivée sur les étales européennes, ils sont ensuite découpés en filets par des ouvriers sous-payés, dans un environnement de travail nauséabond, et congelés, avant d’être envoyés par avion vers l’Europe.

Comment réagir ?

Ce poisson est vendu en France à prix discount (environ 7.5€ le kilo). Il n’est issu que de la mondialisation poussée à l’extrême et de la transgression de toutes les lois de la nature. L’alimentation qui lui est donnée est difficilement traçable et non-maîtrisée, sa production et sa commercialisation sont extrêmement polluantes et néfastes pour l’environnement.

J’ai été outrée par ce reportage, par les comportements humains en quête de toujours plus de profits, toujours plus de richesses… quel qu’en soit le prix. S’enrichir coûte que coûte, sans se soucier de son impact sur la nature, sur la terre que nous laisserons à nos enfants, sur l’équilibre naturel et sur la biodiversité… quel dommage !

C’est certain… le Panga restera loin de mon assiette… et de la votre ?

17 juillet 2009 This post was written by Categories: Actus et débats Tagged with:
10 comments

10 Responses to “Révolte contre le Panga… le poisson aux hormones à prix cassé”


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Top